À la demande de l’avocat de l’entreprise, le Tribunal des Prud’hommes de Bobigny s’est déclaré incompétent pour traiter la requête en référé (procédure d’urgence).
Cette décision ne constitue pas une défaite, mais une étape procédurale dans un processus judiciaire plus large : le jugement principal sur le fond reste programmé pour le 1er avril 2026, et d’autres voies de recours demeurent ouvertes.

Le demandeur, Raimundo Ela Nsang, fondateur du Mouvement MILIGE, s’est présenté sans avocat, après le retrait inattendu de son représentant légal sept jours avant l’audience, invoquant des divergences de stratégie.
Depuis son retour d’exil, Raimundo Ela Nsang a consulté cinq avocats, dont trois avaient initialement accepté l’affaire, avant que les deux derniers ne se retirent également, sans explication claire — ce qui illustre la complexité d’un tel dossier, même dans des pays où l’État de droit est officiellement proclamé.

Au cours de la préparation du procès, un fait déterminant a été mis en évidence :
la filiale Nalco Champion EG LLC, légalisée en Guinée équatoriale après son embauche, n’était pas la même entité que celle mentionnée dans le contrat signé en France, établi au nom de Ondeo Nalco EG LLC.
Cela signifie que Raimundo Ela Nsang a travaillé pendant trois ans comme ingénieur pour une entité juridiquement inexistante en Guinée équatoriale.

Dans les faits, il a été utilisé pour permettre à Nalco d’obtenir un second contrat avec ExxonMobil, avant que la régularisation juridique de la filiale ne soit effectuée avec le concours d’hommes puissants du régime, notamment Gabriel Mbega Obiang Lima.
Dès lors, la question de l’emploi des ingénieurs nationaux n’était plus prioritaire : l’entreprise pouvait remplacer des cadres qualifiés par du personnel moins expérimenté, sous protection politique.

L’avocat de la partie adverse, outre sa demande d’incompétence du tribunal, a nié l’existence de la relation de travail et soutenu qu’il n’existait aucune preuve que le contrat ait été signé en France.
Pourtant, les preuves documentaires déjà versées au dossier — contrats, courriels, feuilles de présence et témoignages — confirment son rôle effectif comme ingénieur de Nalco en Guinée équatoriale, ainsi que l’implication directe de l’entreprise dans des pratiques de falsification, d’exploitation et de discrimination.

Actions judiciaires engagées par Raimundo Ela Nsang

Raimundo Ela Nsang a introduit trois procédures distinctes en France :

  1. Devant le Tribunal des Prud’hommes de Bobigny, avec un jugement en référé (déjà tenu) et un jugement sur le fond prévu le 1er avril 2026 ;
  2. Une plainte pénale contre Nalco/ChampionX et ses représentants, pour falsification, exploitation, discrimination et complicité avec un régime autoritaire, déposée au Parquet de Bobigny, qui n’a pas encore ordonné l’ouverture d’une instruction ;
  3. Une action devant le Tribunal de commerce, où il demande la reconnaissance de son statut de partenaire naturel de l’entreprise, en raison de sa contribution directe à la création de la filiale Nalco Champion EG LLC en Guinée équatoriale.

Ces démarches complémentaires font partie d’une stratégie juridique globale, visant à établir la vérité, obtenir justice et dénoncer le système d’impunité corporative qui touche de nombreux professionnels africains dans les opérations des multinationales.

À propos de la lettre ouverte au président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo

Le 7 mai 2024, Raimundo Ela Nsang a adressé une lettre ouverte au président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, avec copie à son gouvernement, lui demandant l’ouverture officielle en Guinée équatoriale d’un dossier sur Nalco/ChampionX et sur les violations subies.
À ce jour, aucune réponse n’a été donnée.
Cette absence de réaction confirme que l’État demeure soumis à des intérêts privés et étrangers, abandonnant ses citoyens qualifiés et perpétuant l’impunité des grandes entreprises internationales.

Preuve documentaire de la relation de travail

MILIGE joint à ce communiqué une feuille de présence signée, attestant de l’activité professionnelle de Raimundo Ela Nsang en tant qu’ingénieur de Nalco, sous contrat en Guinée équatoriale, sur les plateformes offshore d’ExxonMobil (Serpentina, Zafiro et Jade) et dans les bureaux de Malabo (Abayak).

Ce document démontre de manière incontestable sa présence effective, ses fonctions et ses responsabilités techniques, ayant travaillé parfois dans des conditions météorologiques extrêmes et effectué d’innombrables déplacements en hélicoptère.

Malgré trois années de service exemplaire, sa simple demande de règlement de fin de contrat a entraîné des représailles, son emprisonnement et son exil forcé.
Aujourd’hui, l’entreprise ne se contente pas d’effacer son dossier professionnel, elle nie même qu’il ait travaillé pour elle, tentant ainsi d’effacer sa contribution et son existence professionnelle.

Conclusion

Le Mouvement MILIGE considère cette affaire comme un symbole de la résistance africaine face à l’impunité des multinationales et un appel urgent à la justice internationale.
Le combat de Raimundo Ela Nsang est celui de tous les Africains qui exigent respect, justice et souveraineté.

MILIGE réaffirme sa volonté de poursuivre toutes les voies légales et politiques jusqu’à ce que les droits violés soient reconnus, que justice soit rendue, et qu’il soit mis fin à la collusion entre multinationales et régimes autoritaires en Afrique.

Paris, le 10 novembre 2025
MILIGE – Département Communication