Bilan 2025 – Justice, vérité et responsabilité : la continuité du combat de MILIGE
COMMUNIQUÉ OFFICIEL DE MILIGE
Le Mouvement International pour la Libération de la Guinée équatoriale (MILIGE) a été créé dans un contexte historique et politique marqué par la confiscation durable du pouvoir, la répression systémique et l’exil forcé de la classe intellectuelle équato-guinéenne.
MILIGE est aujourd’hui une organisation légalement constituée, dotée d’un objet clair : œuvrer pour la libération politique de la Guinée équatoriale, la restauration de l’État de droit et la défense de la dignité des citoyens et des professionnels.
- Origine et évolution du MILIGE
La création de MILIGE repose sur une double lecture historique et politique.
La première s’inspire des premiers mouvements nés à l’époque de l’indépendance, notamment le MONALIGE, constitué initialement par des intellectuels engagés aux côtés du peuple. Malgré le rôle déterminant joué dans l’accession au premier gouvernement autonome, ces mouvements se sont progressivement éloignés des réalités populaires, adoptant une posture élitiste qui a fragilisé leur ancrage national.
La seconde repose sur l’expérience des coalitions d’opposition, tant à l’intérieur du pays qu’en exil, que le régime a su infiltrer, manipuler et diviser, jusqu’à les neutraliser. La dernière illustration en date en est l’expérience vécue par le fondateur au sein de la CORED.
MILIGE est né de cette double défaillance. Face à ces constats, son fondateur a fait le choix stratégique de rompre avec les schémas traditionnels de coalition pour construire, avec une équipe engagée en exil et à l’intérieur du pays, une force politique inclusive, structurée et discrète, agissant en dehors des leviers habituels de manipulation du régime.
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- Actions politiques menées par MILIGE
Au cours de l’année écoulée, MILIGE a mené plusieurs actions politiques majeures, notamment :
- L’envoi de courriers officiels exigeant la normalisation politique et le respect des droits fondamentaux en Guinée équatoriale ;
- Des courriers postaux et électroniques adressés aux autorités françaises :
Présidence de la République, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Ministère de l’Intérieur, ainsi qu’à plusieurs parlementaires ; - Des alertes formelles concernant la situation politique en Guinée équatoriale, mais également sur l’affaire impliquant l’opposant Raimundo Ela Nsang et l’entreprise Nalco / ChampionX, afin d’établir un lien clair entre répression politique, intérêts économiques et responsabilités internationales.
III. Soutien de MILIGE au combat judiciaire de Raimundo Ela Nsang
MILIGE apporte un soutien total et assumé au combat judiciaire mené par Raimundo Ela Nsang contre l’entreprise Nalco / ChampionX.
Plusieurs procédures ont été engagées :
- Conseil de prud’hommes
- Une procédure en référé et une procédure au fond ont été introduites.
- L’audience au fond est fixée au 1er avril 2026.
- L’audience en référé, initialement fixée au 12 septembre, a été renvoyée au 7 novembre, à la suite du désistement de l’avocat de Raimundo Ela Nsang une semaine avant l’audience, dans un contexte de contestation de compétence territoriale soulevée par la partie adverse.
- Cette décision ne constitue en aucun cas un jugement sur le fond.
- Tribunal de commerce de Bobigny
- Une demande visant à la reconnaissance de la qualité d’associé de Raimundo Ela Nsang a été déposée, au regard de son rôle déterminant dans l’implantation et la légalisation de la société en Guinée équatoriale, démarches qu’il a lui-même conduites en tant que représentant, comme en attestent les pièces versées au dossier.
- Le tribunal s’est déclaré incompétent, rappelant les limites de sa compétence juridictionnelle.
- Plainte pénale
- Une plainte pénale a été déposée le 13 juin 2025, suivie d’une extension visant directement Gabriel Mbega Obiang Lima, fils du Président de la Guinée équatoriale et ancien ministre du Pétrole, pour son rôle allégué dans les faits de persécution dénoncés par Raimundo Ela Nsang, s’inscrivant dans la durée, depuis sa période d’étudiant en France, en Guinée équatoriale, et se prolongeant même après son exil, dans un contexte d’influence exercée au sein du secteur pétrolier.
- À ce jour, le parquet de Bobigny n’a pas ouvert d’instruction.
Un élément particulièrement grave a été mis en évidence : l’entité locale censée avoir employé Raimundo Ela Nsang en France n’a jamais eu d’existence légale en Guinée Equatoriale.
- Lecture historique et politique du dossier
MILIGE tient à préciser qu’il ne s’agit pas de blâmer l’institution judiciaire. La justice est parfois lente, mais elle suit un processus. Ce processus est en cours et sera mené jusqu’à son terme.
Cependant, ce dossier dépasse largement le cadre individuel.
La Guinée équatoriale est historiquement marquée par la répression et la purge systématique de sa classe intellectuelle depuis la première dictature. Cette politique n’a pas seulement survécu à la chute du régime initial : elle a été poursuivie, structurée et consolidée sous le régime actuel. Teodoro Obiang Nguema, aujourd’hui Président de la République, a été un acteur central de l’appareil de répression dès la première dictature, avant d’en assurer la continuité et l’institutionnalisation une fois au pouvoir.
Raimundo Ela Nsang fut le premier ingénieur pétrolier équato-guinéen en opérations de production. Après avoir refusé les mécanismes classiques de neutralisation des cadres formés – refusant la proposition d’intégration au cabinet du ministre de l’économie, une stratégie de cooptation politique – son sort a été scellé.
Plus grave encore, une entreprise étrangère, soucieuse de préserver ses relations avec le régime, s’est retrouvée au cœur d’un mécanisme d’exclusion et de persécution.
Bien que Nalco n’existe plus juridiquement, ChampionX hérite aujourd’hui de cette responsabilité historique et juridique. Face à cette situation, l’entreprise adopte une posture de déni, invoquant prescriptions, incompétences territoriales ou ignorance des faits, tout en conservant des intérêts économiques en Guinée équatoriale par l’intermédiaire de sa filiale toujours active.
- Une portée symbolique et internationale
Ce processus n’est pas sans rappeler l’affaire des biens mal acquis, qui a conduit à la condamnation de Teodoro Nguema Obiang Mangue.
Il pose une question essentielle : comment ces richesses ont-elles été accumulées, et quel rôle certaines entreprises ont-elles pu jouer, directement ou indirectement, dans les mécanismes de répression et de prédation ?
MILIGE rappelle que Raimundo Ela Nsang a obtenu l’asile politique en France en raison des faits liés à son exclusion professionnelle et aux pressions subies. Il n’a jamais exercé de fonctions administratives ni mené d’activité politique en Guinée équatoriale au moment des faits.
Au regard des éléments versés au dossier et de la position de déni adoptée par l’entreprise, il appartiendra à la justice pénale de déterminer dans quelle mesure cette dernière a pu, directement ou indirectement, s’inscrire dans un mécanisme plus large de persécution, s’inscrivant dans la continuité d’un système de pouvoir cherchant à se perpétuer de génération en génération.
- Appel solennel
MILIGE lance un appel solennel :
- Aux responsables politiques français et européens,
- Aux institutions judiciaires,
- À la presse nationale et internationale,
- Aux gouvernements africains,
- Aux mouvements panafricains et aux forces démocratiques.
Le combat judiciaire engagé par Raimundo Ela Nsang ne saurait être réduit à un contentieux individuel.
Il est devenu, par la nature des faits révélés et par leur inscription dans la durée, le symbole d’un système de répression plus large, qui frappe depuis plus d’un demi-siècle le peuple de Guinée équatoriale sous un régime familial issu de l’indépendance.
Raimundo Ela Nsang a eu la possibilité – rare et souvent refusée aux victimes – de porter devant la justice un parcours personnel marqué par l’exclusion, la persécution et l’exil. Mais ce parcours renvoie à une réalité collective : celle d’un peuple privé de ses élites, de ses compétences et de son droit à l’émancipation, par des mécanismes de contrôle, de neutralisation et de bannissement systématiques.
Ce dossier interroge également le rôle et la responsabilité des entreprises opérant dans des contextes autoritaires, lorsqu’elles ferment les yeux, s’accommodent ou s’inscrivent, volontairement ou non, dans des logiques de pouvoir répressif afin de préserver leurs intérêts économiques.
C’est pourquoi MILIGE affirme que cette affaire engage :
- La crédibilité des engagements internationaux en matière de droits humains,
- La responsabilité des acteurs économiques,
- Et la capacité des institutions à protéger celles et ceux qui refusent la soumission et choisissent la dignité.
MILIGE appelle à un examen rigoureux des faits, à une analyse approfondie des preuves et à l’établissement des responsabilités, dans l’intérêt non seulement de la justice, mais aussi de l’avenir politique de la Guinée équatoriale.
La justice ne peut être une simple formalité.
Elle doit être visible, exemplaire et libératrice.
Justice, vérité et responsabilité
Equipe MILIGE
Justice pour les equato guinéens