COMMUNIQUÉ OFFICIEL – 27 mai 2025

« Rendre justice, briser l’impunité, empêcher la succession dynastique. »

« Ce n’est pas une réclamation privée. C’est un acte de justice historique. »

Après plus de 20 ans de lutte contre la dictature la plus ancienne du continent africain, j’annonce aujourd’hui l’ouverture d’une double démarche publique et politique, à l’égard :

  • Du régime de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979 ;
  • De l’entreprise américaine ChampionX, héritière de Nalco, impliquée dans une affaire d’exploitation illégale, de complicité politique et de mise en danger d’un ingénieur africain.

Cette démarche marque un tournant : celui où le silence se brise, où la vérité s’impose, et au moment où l’Afrique refuse désormais d’être le théâtre de l’impunité.

Une histoire personnelle, une affaire d’État

Je suis Raimundo Ela Nsang, fils d’un brillant ingénieur agronome formé sous la colonie espagnole, engagé dans la lutte pour l’indépendance, trahi comme tant d’autres par ceux qui ont confisqué le rêve de notre peuple. Mon père, député élu en 1968, fut un pilier des premières institutions de notre République. Mais comme nombre d’intellectuels et patriotes, Il fut contraint au silence dès la fin de la première dictature de Francisco Macías. Cette politique d’élimination s’est poursuivie sous le règne de son neveu, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 46 ans après avoir été le bras armé du régime sanglant de son oncle durant 11 ans.

De cette mémoire blessée est née ma vocation. Je suis devenu ingénieur pétrochimiste à Paris, par conviction et par fidélité à l’idéal de justice transmis par mon père. En 2003, sans même avoir postulé, je suis recruté à Paris par la multinationale américaine Nalco pour un poste en Guinée équatoriale. Une fois arrivé, je découvre une entreprise non enregistrée, opérant illégalement. C’est moi qui engage les premières démarches auprès du ministère des Mines afin d’obtenir la reconnaissance provisoire qui a permis à Nalco de légaliser ses opérations. Sans cette initiative, elle n’aurait jamais pu collaborer avec ExxonMobil ni accéder au marché pétrolier national.

Mais ce rôle fondateur ne m’a valu que harcèlement, éviction, chantage politique et sabotage professionnel. Car dans le système Obiang, la compétence sans allégeance est un crime. Et c’est précisément Gabriel Mbega Obiang Lima, fils du président et ministre du pétrole à l’époque, qui a pris le contrôle de Nalco et orchestré personnellement mon exclusion, imposant une logique de clientélisme, de soumission et d’humiliation.

J’ai été interdit d’exercer dans le secteur pétrolier, alors même que j’étais, à ce moment, le seul ingénieur pétrochimiste national formé à ce niveau. Cette exclusion n’était pas une erreur mais un message clair : aucun professionnel compétent ne doit exister en dehors du cercle du pouvoir.

Refusant l’humiliation, j’ai résisté. Mais les persécutions ont redoublé : maltraitance, menaces, isolement, pressions psychologiques. J’ai dû quitter le pays dans la clandestinité. Même en exil, les pressions ont continué : en Espagne d’abord, puis en France, où j’ai fini par obtenir l’asile politique. Là, j’ai lancé une véritable activité d’opposition, avec la conviction que le changement est possible.

Mais avec le désengagement sécuritaire sous Emmanuel Macron, ma protection s’est progressivement affaiblie. Un silence étouffant s’est installé. Malgré tout, j’ai repris le combat et fondé MILIGE : le Mouvement International pour la Libération de la Guinée équatoriale.

C’est dans ce cadre que j’annonce aujourd’hui deux actions fondatrices :

  • Une lettre officielle adressée au président Obiang,
  • Une mise en demeure publique adressée à ChampionX, ex-Nalco,

Mes revendications

  1. Au président Obiang Nguema :
  • Ouvrir un processus de vérité nationale sur les crimes des deux dictatures (Macías et Obiang).
  • Engager une transition souveraine et pacifique, en cohérence avec nos traditions africaines.
  • Autoriser l’ouverture d’un procès contre ChampionX pour exploitation illégale et abus contractuel.
  1. À l’entreprise ChampionX (ex-Nalco) :
  • Reconnaissance officielle de l’exploitation économique, de l’instrumentalisation illégale et de la complicité avec un régime autoritaire ;
  • Reconnaissance de mon statut de partenaire légitime et cofondateur de Nalco en Guinée équatoriale, au vu de mon rôle clé dans sa mise en place ;
  • Réintégration avec effet rétroactif de mon poste d’ingénieur, et paiement intégral des salaires dus depuis mon éviction illégale ;
  • Indemnisation complète pour préjudice moral, perte d’opportunités et exil forcé ;
  • Clarification publique de vos liens avec Gabriel Obiang Lima et engagement à cesser toute collaboration avec des systèmes oppressifs et corrompus.

Le combat est public — et personnel

J’ai consigné cette affaire dans mon ouvrage :
La France de Macron : L’extension de la dictature de mon pays,
un récit autobiographique documenté, qui retrace mon parcours d’ingénieur exilé, mes combats, les persécutions subies, et les complicités que j’ai dû affronter.

Ce livre n’est pas une simple dénonciation des pratiques de multinationales comme ChampionX, ni une démonstration technique :
c’est le témoignage d’une vie bouleversée par l’injustice, un appel à la conscience, et un acte de résistance.

Entre récit personnel, preuves documentées et analyse politique, cet ouvrage est un outil de vérité,
un manifeste pour la justice réparatrice et un instrument de mobilisation collective.

Appel au soutien

Ce combat dépasse mon cas. Il concerne l’Afrique entière. Il concerne tous les cadres, ingénieurs, médecins, chercheurs africains écartés ou détruits par des systèmes clientélistes.

Je fais appel :

  • Aux citoyens africains et panafricains, gardiens de notre dignité et artisans de notre libération ;
  • Aux intellectuels, juristes, journalistes, artistes, parlementaires, influenceurs, ONG, sportifs et consciences engagées d’Afrique et de la diaspora, pour faire résonner cette vérité et exiger justice ;
  • Aux États et institutions panafricaines, pour affirmer leur devoir de protection face aux abus des multinationales et des régimes oppressifs ;
  • Aux parlementaires français et institutions internationales, car mon exil ne m’a pas ôté le droit à la protection, ni la France le devoir de cohérence ;
  • Aux médias de conscience, pour exposer les mécanismes de complicité et amplifier la voix des opprimés.

C’est l’heure de la vérité, de la mémoire et de la justice. Ce combat n’est pas le mien seul : il est celui d’un peuple, d’un continent, et de l’Histoire.

RAIMUNDO ELA NSANG
Fondateur de MILIGE
ren@milige.org | www.milige.org
Ingénieur pétrochimiste – réfugié politique – ancien cadre de Nalco/ChampionX